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Le Paris inconnu du mardi après-midi / The unknown Paris of the Tuesday afternoon


Comme la plupart des parisiens, je connais mieux le Paris du weekend, le Paris plein des touristes du dimanche, de la foule, du métro rempli à toute heure de la journée…

Hier, expérience incroyable ! J’ai découvert Paris sous un tout autre jour, celui du mardi après-midi.

Les rues vides, le métro désert, mais où sont donc tous les parisiens ? Le mardi après-midi, Paris est aux touristes !

Pas de files d’attente dans les magasins, des sièges libres dans le métro, Paris est calme, Paris est à nous !

Au musée d’Orsay, juste avant la fermeture, je me faufile entre les statues et les peintures, en discutant nonchalamment avec une amie, comme s’il était normal de se trouver dans un des plus beaux musées du monde !

Puis direction l’Esméralda, derrière Notre-Dame pour un thé tardif. A la table d’à côté, deux américains. Valentina et Kyle. Ils adorent Paris, sont tristes de quitter ma ville et m’envient de vivre ici.
Ne sont-ils pas contents de rentrer demain à la maison ? A part leur chien, rien ne leur manque ! Ils aimeraient tant vivre en Europe…

L’heure du départ a sonné pour eux… Demain, moi j’y serai encore, dans cette merveilleuse ville. Mais tout sera différent. Je retrouverai l’effervescence d’une journée de travail bien remplie, tout comme l’est Paris aux heures de pointes.

Adieu Paris paisible du mardi après-midi…

Photo : http://www.editionsducurieux.com

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Like most of the Parisians, I know better the Paris of the weekend, the Paris full of the Sunday tourists, crowded, of the subway full at each hour of the day…

Yesterday, incredible experience ! I discovered Paris from another view, on a Tuesday afternoon.

The empty streets, the desert subway, but where are all the Parisians ? On Tuesday afternoon, Paris is the tourists’ !

No waiting lines in the shops, free seats in the subway, Paris is quiet, Paris is ours!

At the Orsay museum, just before it closes, I’m threading through the statues and the paintings, chatting nonchalantly with a friend, as if it was normal to be in one of the most beautiful museums in the world !

Then go to the Esmeralda, behind Notre-Dame, to have a late cup of tea. Just next to us, two Americans. Valentina and Kyle. They love Paris, are sad to leave my city and envy me to live here.
Aren’t they happy to go back home tomorrow ? Except their dog, they miss nothing ! They would like to live in Europe so much…

The departure has arrived for them… Tomorrow, I will still be here, in this beautiful city. But everything will be different. I will find again the effervescence of a busy working day, as Paris is at peak time…

Good bye peaceful Paris of the Tuesday afternoon…

Photo : http://www.editionsducurieux.com

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« Rencontre avec Alain Kremski, Pianiste Parisien et du Monde » / « Meeting with Alain Kremski, Parisian and World Pianist »


Et si je vous disais que Paris m’avait encore une fois donné le privilège de faire une belle rencontre ?
C’est dans le Paris musical, lors d’un concert dans le cadre du Festival Romantika que j’ai pu découvrir Monsieur Alain Kremski. Musicien, compositeur, pianiste et percussionniste parti à la découverte de l’Asie, ce Parisien passionné d’art a pris le temps de répondre aux questions de MissaParis.
Une interview qui s’est faite en deux temps, dans un café de l’Ile Saint-Louis, tellement loin du monde de la musique classique et pourtant si proche du Paris qu’il aime et qu’il considère comme « sa » ville.
C’est un homme simple, passionné, passionnant et qui prend le temps d’écouter et surtout de partager qui m’attend (par deux fois) devant un espresso tout juste servi…

MissaParis : Qui est Alain Kremski ?
Alain Kremski : Inclassable ! Je suis ouvert sur beaucoup de courants différents dans un monde où l’on classe les gens dans des cases, avec des étiquettes.

MissaParis : Alors, quel artiste êtes-vous ?
Alain Kremski : Je pense qu’il y a plusieurs catégories d’artistes : certains ont choisi d’approfondir l’interprétation d’un compositeur, et cela peut remplir une vie. D’autres ont choisi d’interpréter et de composer. Je suis moi-même fasciné par la rencontre de plusieurs arts, en particulier l’architecture, en évoquant les idées du proche et du lointain, du vide et du plein.
Ce qui est important pour un artiste, c’est d’avoir un but. Et chaque but est possible, s’il est clair. Le mien est de réveiller dans le public la nostalgie de la « source » perdue, quelque chose qui vient de très loin, parfois même de l’enfance. J’aime la rencontre des disciplines artistiques : la musique, l’architecture, le cinéma, la danse, la peinture, la réalisation de calligraphies pendant que l’on joue du piano etc…

MissaParis : Et quelles sont vos inspirations ?
Alain Kremski : Je ne sais pas ! J’ai beaucoup de passions : les échecs, la science-fiction (physique quantique, etc…) et j’ai aussi un contact avec des poètes.

MissaParis : Votre univers musical et artistique est si large ! Par exemple, vous avez composé et étudié la musique asiatique et tibétaine. D’où est venue cette envie d’explorer tous ces univers différents ?
Alain Kremski : J’ai vécu 3 ans à la Villa Médicis et le directeur était le peintre Balthus ! Il a été d’une grande influence et m’a permis de m’ouvrir sur les notions de transparence, de lumière, de sacré. Tout est énergie, mouvement et qualité d’énergie. Mon professeur, Olivier Messiaen, y a également été pour beaucoup.

MissaParis : Avez-vous un compositeur favori ?
Alain Kremski : Non, pas vraiment ! Mais dans les classiques, je
dirais Bach et Mozart. Et Brahms, Chopin, Nietzsche, Debussy, Schumann et Liszt pour les romantiques.

MissaParis : Votre passion pour la musique est indéniable et c’est ce qui a certainement conduit à la création de l’Association Mélomania. Comment est-elle née ?
Alain Kremski :
Mélomania est née d’une rencontre, il y a 6 ans, avec Dominique Bertinotti, la maire du 4ème arrondissement. L’idée de départ était de créer une animation autour du piano, avec les gens qui se seraient tenus autour, à la manière de Jean-François Zygel.
Et puis la configuration de la salle, toute en longueur, ne le permettait pas. Alors nous avons opté pour une représentation plus classique, avec le piano sur l’estrade.

MissaParis : Et quel est le but de Mélomania ?
Alain Kremski : C’est très précieux dans une société où beaucoup de gens sont seuls, âgés, veufs, où quand les enfants sont tout simplement partis. Ce n’est pas forcément évident pour des personnes âgées d’aller dans un théâtre sur les Champs Elysées, à 21h. Là, c’est moi qui vais à leur rencontre, à 15h, le samedi, une fois par mois.
Et peu à peu s’est créée un complicité avec ces gens, une ferveur, un respect malgré la gratuité du concert, même un « esprit Mélomania ».

MissaParis : Comment se fait la programmation, le choix des artistes ?
Alain Kremski : Je sollicite des artistes, d’autres me sollicitent, mais je ne peux malheureusement pas honorer toutes les demandes. Les artistes viennent jouer car ils aiment la salle, l’atmosphère, et parce qu’ils veulent amener quelque chose de particulier. Il y a à chaque fois un thème, qui permet de faire découvrir des musiciens confirmés ou un peu moins connus. C’est le thème qui est important.
Nous allons par exemple donner un concert autour des thèmes de « l’eau et des songes », durant lequel seront jouées Ondine de Ravel, Ondine de Debussy.
Nous avons déjà eu un trio piano – violon – violoncelle, avec notamment le pianiste Nicolas Boyer, et le thème était « les trésors de la musique russe », un concert qui s’est déroulé comme toujours dans une atmosphère respectueuse et enthousiaste.
L’an passé, un camion de 50 cloches d’Eglise de la région de Douai est même venu clore un concert sur le thème des cloches, justement, durant lequel ont été interprétées des œuvres pour piano de compositeurs inspirés par leurs sonorités (Debussy, Liszt etc…)
La musique est un voyage, et la vie d’artiste est fantaisiste !

MissaParis : La création de cet évènement récurrent montre bien votre attachement à la capitale…
Alain Kremski : Paris est ma ville !

MissaParis : Vous y avez un endroit favori ?
Alain Kremski : L’île Saint-Louis ! Et aussi le jardin du Palais Royal.

MissaParis : Enfin, la question rituelle de la fin : avez-vous une bonne adresse à nous conseiller ?
Alain Kremski : Vous mangerez les meilleures de crêpes de Paris au restaurant « Le Sarrasin et Le Froment », Rue St. Louis en l’Isle !

***

L’actualité d’Alain Kremski, dans le cadre de Mélomania, Mairie du 4ème :

– Samedi 25 septembre, à 15h.
Roustem SAITKOULOV, piano
CHOPIN – Les 24 « Etudes »

Les autres récitals :

Théâtre de l’Ile Saint-Louis Paul Rey :
* 23, 24 et 30 Septembre 2010 à 18h30
* 18 Novembre 2010 à 18h30
* 28 Décembre 2010 à 18h30

Moulin d’Andé, le 25 Septembre 2010

–  Ateliers au centre « Les Temps du Corps », dans le 10ème aux dates suivantes :
* Samedi 13 (15h – 17h) et Dimanche 14 (11h – 13h) Novembre 2010
* Samedi 19 (15h – 17h) et Dimanche 20 (11h – 13h) Février 2011
* Samedi 7 (15h – 17h) et Dimanche 8 (11h – 13h) Mai 2010

Autres projets :
– Une dizaine de CDs devraient sortir cet automne : Nietzsche, Borodine, bols du Japon, du Tibet, et un disque destiné à la danse, qui résulte d’une collaboration avec la chorégraphe Carolyn Carlson…

Photo : Alain Kremski jouant sur les bols bouddhiques sacrés du Japon (Alain Kremski).

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And if I said that Paris had once again given me the privilege to have a nice meeting ?
That is in the musical Paris, at a concert during the Romantika Festival that I discovered Monsieur Alain Kremski. Musician, composer, pianist and percussionnist gone to discover Asia, this Parisian passionate in arts has taken time to answer MissaParis’ questions.
An interview done in 2 times, in a café of the Ile Saint-Louis, so far from the world of the classical music but so close of the Paris he likes and that he considers as « his » city.
That is a simple, passionate and captivating man who takes time to listen and to share and who is waiting for me (twice) in front of a just served coffee…

MissaParis : Who is Alain Kremski ?
Alain Kremski : Unclassifiable ! I am open on many things from different areas in a world where we classify people in boxes, with etiquettes.

MissaParis : Well, which artist are you ?
Alain Kremski : I think there is several categories of artists : some ones have chosen to improve the interpretation of a composer, and that can fill in a life. Others have chosen to play and to compose. On my own I am fascinated by the meeting of severel arts, particularly the architecture, evocating the ideas of the close and the far, the empty and the full.
What is important for an artist, it is to have a goal. And each goal is possible if it is clear. Mine is to wake in the public the nostalgia of the lost « source », something coming from far away, even sometimes from the childhood. I like the meeting between the artistic disciplinaries : music, architecture, cinema, dance, painting, the realisation of calligraphies while we are playing the piano etc…

MissaParis : And what are your inspirations ?
Alain Kremski : I don’t know ! I have many passions : chess, the science-fictions (quantum physics, etc…) and I have a contact with poets too.

MissaParis : Your musical and artistic universe is so vast ! For instance, you composed and have studied Asian and Tibetan music. Where has this envy to explore all these different universes come from ?
Alain Kremski : I lived at the Villa Medicis for 3 years and the director was the painter Balthus ! He was a great influence and allowed me to open to the notions of transparency, lightness, sacred. All is energy, movment and quality of energy. My professor, Olivier Messiaen, did a lot too.

MissaParis : Do you have a favorite composer ?
Alain Kremski : No, not really ! But among the classical ones, I would say Bach and Mozart. And Brahms, Chopin, Nietzsche, Debussy, Schumann and Liszt for the romantical ones.

MissaParis : Your passion for music is undoubtable and this has certainly contributed a lot in the creation of the Association Mélomania. How was it born ?
Alain Kremski : Mélomania was born from a meeting 6 years ago with Dominique Bertinotti, Mayor of the 4th arrondissement. The first idea was to create an organization around the piano, with people around it, in Jean-François Zygel’s manner.

And then the configuration of the room, very long, didn’t allow that. So we have chosen a more classic representation, with the piano on stage.

MissaParis : And what is Mélomania’s goal ?
Alain Kremski : That is very precious in a society where a lot of people are alone, old, widow, when the children simply left. That is not always easy for old people to go the theatre in the Champs Elysées, at 9 pm. There, I do go to them at 3 pm on Saturday, once a month.
And has gradually been created a complicity with these people, a fervor, a respect despite of the freeness of the concert, even a « Mélomania spirit ».

MissaParis : How is the programming done, the choice of the artists ?
Alain Kremski : I approach artists, others approach me, but unfortunately I can’t honor all the demands. The artists come to play because they like the room, the atmosphere, and because thay want to bring something particular. Each time there is a theme, which allows to make more or less known musicians discovered.  That is the theme which is important.
For instance we are going to give a concert about « the water and the dream », while will be played Ondine from Ravel and Ondine from Debussy.
We already had a trio piano – violin –  cello, with the pianist Nicolas Boyer, and the theme was « the treasures of the Russian music », a concert which was played like always, in a respectful and enthusiastic atmosphere.
Last year a truck with 50 church bells from the region of Douai even came to end a concert on the bell’s theme, while were interpreted piano pieces from composers inspired by their sonority (Debussy, Liszt etc…)
Music is a travel and the artist life is fanciful !

MissaParis : This creation of this regular event shows your attachment to the capital…
Alain Kremski : Paris is my city !

MissaParis : Do you have a favorite place ?
Alain Kremski : The île Saint-Louis ! And also the jardin of the Palais Royal.

MissaParis : Finally, the ritual question of the end : do you have a good address to advise ?
Alain Kremski : You will eat the best crêpes of Paris at the restaurant « Le Sarrasin et Le Froment », Rue St. Louis en l’Isle !

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The news of Alain Kremski, in the frame of Mélomania, City Hall of the 4th :

– Saturday 25 September at 5 pm.
Roustem SAITKOULOV, piano
CHOPIN – Les 24 « Etudes »


The other récitals :

Théâtre de l’Ile Saint-Louis Paul Rey :
* 23, 24 and 30 September 2010 at 6:30 pm.
* 18 November
2010 at 6:30 pm.
* 28 Décember 2010 at 6:30 pm.

Moulin d’Andé, on September 25, 2010.

–  Working groups a the center « Les Temps du Corps », in the 10th arrondissement at the following dates :
* Saturday 13 (3 pm – 5 pm) and Sunday 14 (11 am – 1 pm) November 2010
*
Saturday 19 (3 pm – 5 pm) and Sunday 20 (11 am – 1 pm) February 2011
*
Saturday 7 (3 pm – 5 pm) and Sunday 8 (11 am – 1 pm) May 2010

Other projects :
– About ten CDs should come out this fall : Nietzsche, Borodine, bols of Japan, of Tibet, and a CD for the dance, which is the result of a collaboration with the choreographer Carolyn Carlson..
.


Photo : Alain Kremski playing on the Buddhist bols sacred of Japan (Alain Kremski).

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« Véronique François amène l’opéra dans la rue » / « Véronique François brings the opera in the street »


Nous sommes samedi soir et je me balade dans le quartier de Notre-Dame. Sur le parvis, parmi la foule de touristes, un cercle s’est formé autour d’une voix puissante, celle d’une chanteuse d’opéra. Il s’agit de Véronique François. Mais qui est-elle, cette femme tout droit sortie de la planète « opéra » et qui nous amène son art dans la rue ?

Une semaine plus tard, je retrouve Véronique dans un café, dans le 8ème arrondissement. Elle parait bien plus timide que ne le laissait présager sa voix pénétrante et la force de ses traits quand elle chantait.
Mais lorsqu’elle commence à parler de sa passion, l’opéra, elle se dévoile avec toute sa sensibilité d’artiste et son envie de faire partager ce qu’elle a de plus cher. « Je ne peux pas vivre sans chanter ». Ses mots sonnent vrais.

Elle a accepté de répondre aux questions de MissaParis, pour sa toute première interview.

Mais qui est Véronique François ? Je vous laisse le découvrir…


MissaParis : Bonjour Véronique. Tu es chanteuse semi-professionnelle. Mais d’où t’es venue cette passion pour le chant lyrique ?
Véronique François : J’ai passé une audition pour les Petits Chanteurs lorsque j’avais 8 ans, mais au bout de quelque temps, je chantais trop fort par rapport aux autres et j’avais l’envie de jouer un véritable rôle comme le permet l’opéra. On joue un personnage, et tout doit suivre : la démarche, le corps, l’expression du visage, jouer un homme ou bien une femme, aux antipodes de ma personnalité. Il est impossible de se montrer plus à nu.
Cela fait 7 ans que j’étudie le chant lyrique. Mais je suis par ailleurs professeur de musique auprès d’handicapés moteur, mentaux et psychiques. Et cela m’aide beaucoup dans ma réflexion sur la transmission de la musique et du chant, le côté « primitif » et transcendant de la musique.


MissaParis : Véronique, je t’ai découverte chantant de l’opéra en pleine rue, sur le parvis de Notre-Dame, un samedi soir. Comment est née cette idée ?

Véronique François : Nous somme en réalité deux dans cette aventure : Livia Abitbol est une chanteuse avec qui je prends des cours auprès du même professeur, le Ténor Dan Speerschneider, de l’Opéra Bastille. Nous avons voulu aller à la rencontre du public, faire découvrir l’opéra à un plus grand nombre de personnes, toucher les gens. Mais surtout rendre l’opéra plus accessible, le rendre populaire.

D’autres chanteurs se produisent à Paris, mais pas de façon aussi organisée. Nous, nous chantons accompagnées d’un enregistrement instrumental, exécuté par notre pianiste, Myriam Legentil.

C’est peu courant de chanter de l’Opéra dans la rue, apparemment, ça se fait beaucoup plus à New York. C’est une belle rencontre avec un public qui n’a pas forcément l’opportunité d’écouter de l’opéra ailleurs. Et pour nous,
semi-professionnelles, c’est un formidable entrainement !


MissaParis : Et comment ces spectateurs réagissent-ils ?
Véronique François : C’est très étonnant, il y a comme une forme de respect. Les gens se mettent en cercle autour de moi, en laissant une certaine distance physique, comme dans un théâtre. Ils sont curieux, intrigués, semblent impressionnés, surtout les enfants à cause de la puissance de la voix, mais aussi parce qu’il s’aperçoivent qu’il s’agit d’un vrai spectacle vivant.

MissaParis : Certains viennent-ils te voir après les représentations ?
Véronique François : Oui, et j’ai de très bons retours. Les gens viennent me remercier, me féliciter. Beaucoup d’étrangers surtout : des suédois, espagnols, japonnais, italiens. Ils estiment sans doute que l’opéra est accessible, au contraire des français. C’est un peu dans notre culture de sacraliser le rapport à l’artiste. On m’avait même dit une fois que l’opéra était comme gouter un très bon vin, on ne peut pas faire ça n’importe comment !
Mais ce qui est intéressant, c’est que le retour des gens n’est pas sur la technique, mais sur l’émotion ressentie.

Certains sont au contraire plus connaisseurs et m’interrogent sur tel ou tel air.


MissaParis : Justement, face à un public qui n’est pas forcément averti, comment choisis-tu la programmation ?
Véronique François : Nous essayons d’interpréter des titres connus du grand public, grâce à la publicité ou au cinéma, comme Carmen par exemple. Mais aussi d’alterner avec des pièces moins connues, pour justement les faire connaitre.

MissaParis : Les représentations dans la rue ont commencé début juillet. Quelles sont tes impressions après quelques semaines ?
Véronique François : Très bonnes ! Il n’y a eu que des bons retours, et cela donne vraiment envie de continuer, peut-être même après l’été. On imagine même un accompagnement par une pianiste qui serait présente avec un clavier, et pourquoi pas un vrai récital en costumes.
MissaParis : Où et quand peut-on venir t’écouter ? [Véronique se produit actuellement seule mais sera rejointe par Livia, début aout.]
Véronique François : Nous donnons au moins trois concerts par semaine, du jeudi au dimanche. A 20h le jeudi et le vendredi et le weekend à 15h, pendant une heure quand je suis seule et une heure trente environ quand nous sommes deux.
Sur le parvis de Notre-Dame, la Place des Vosges, le Petit Pont ou encore la place carrée près de la pyramide du Louvre. Cela dépend de l’humeur, de l’envie et du temps !


MissaParis : Parmi ces endroits, quel est celui où tu préfères chanter?
Véronique François : Peut-être Notre-Dame, parce que c’est le plus audacieux, même si ce n’est pas forcément le plus avantageux pour la voix, comme cela résonne moins bien. C’est aussi le plus intense par rapport au public, il y énormément de passages, d’étrangers surtout, certains me filment et me photographient ! Et je me dis que grâce à eux, moi qui suis une parfaire inconnue, je vais pouvoir voyager un peu, au Japon ou ailleurs !
C’est un partage universel, avec un côté éphémère.


MissaParis : Et ton lieu favori à Paris, en général ?
Véronique François (après quelques secondes de réflexions) : hum… il y en a tellement ! Je dirais l’Opéra Garnier, qui me fascine. C’est un endroit mystique, et ce serait une consécration, l’accomplissement de toute une carrière que de s’y produire un jour…


MissaParis : Pour finir, une bonne adresse parisienne à nous conseiller ?
Véronique François : J’aime beaucoup le restaurant l’Encrier, rue Traversière, dans le 12ème arrondissement. C’est un endroit chaleureux et simple, un mélange de simplicité et de sophistication. Un peu comme l’opéra, qui est sophistiqué dans sa forme mais simple dans le fond, puisqu’il s’agit de partage d’émotion…


Propos recueillis par MissaParis.
Un grand merci à Véronique François pour cette formidable rencontre. A aller écouter tout l’été les jeudi et vendredi soir à 20h et les samedi et dimanche à 15h, à Notre-Dame, Place des Vosges… (selon la météo!)
Véronique mettra ses futurs dates et lieux de concerts en commentaire dans cet article.

Photo : MissaParis

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We are on Saturday evening and I’m walking in Notre-Dame area. In the square, among the crowd of tourists, a circle has been formed around a strong voice, the one of an opera singer. She is Véronique François.  But who is she, this woman directly coming from the planet « opera » and who brings her art in the street ?

A week later, I meet Véronique in a café, in the 8th arrondissement. She seems shyer that we could expect after having heard her penetrating voice and her strict face while she was singing.
But as soon as she starts speaking of her passion, the opera, she reveals all her artist sensitivity and her will to share what means the most for her. « I cannot live without singing ». Her words sound true.

She accepted to answer the questions of MissaParis, for her first interview.

But who is Véronique François ? I let you discover her…


MissaParis : Hi Véronique. You are a semi-professional singer. Where does your passion for opera come ?
Véronique François : I took an audition for the Petits Chanteurs when I was 8, but after a while, I was singing too loudly in comparison with the others and I wanted to play a real role as the opera enables that. We play a character and everything has to follow : the walk, the body, the face expression, playing a man or a woman,  far from my own personality. It’s impossible to be more exposed.
I have been studying opera for 7 years. But I am a music professor for mentally and physically disable persons. And that helps me a lot in my reflexion about the transmission of music and singing, the primitive  and transcendent aspect of the music.

MissaParis : Véronique, I discovered you singing opera in the middle of the street, in the square of Notre-Dame, on a Saturday night. How was this idea born ?
Véronique François : We are two in this adventure : Livia Abitbol is a singer who I take lessons with, with the Tenor Dan Speerschneider, from the Opéra Bastille. We have wanted to meet the public, make a big number of people discovered the opera, touch people. But particularly to make the opera more accessible, to make it more popular.  Other opera singers sing in Paris, but they are not so well-organized. We do sing with an instrumental record made by our pianist Myriam Legentil.

That is not usual to sing opera in the street, apparently it is more in New York. That is a good meeting with a public, who hasn’t obviously the opportunity to listen to opera elsewhere. And for us, semi-professionals,  that’s a wonderful training !


MissaParis : And what are the spectators’ reactions ?
Véronique François : That’s very surprising, there is like a respect. People put themselves like a circle around me, letting a certain physical distance, like at the theatre. They are curious, intrigued, seem impressed, particularly the children because of the strongness of the voice, but also because they see that this is a live show.

MissaParis : Are some of them come to see you after the concerts ?

Véronique François : Yes, and I have good feedbacks. People come to thank me, to congratulate me. A lot of foreigners especially : Swedish, Spanish, Japans, Italians. They may think that opera is accessible, unilke the French. That is in our culture to make the relation to the artist sacred. Once I was told that opera is like tasting a good wine, we can’t do anything !
But what is interesting is that people’s feedback is not about the technique, but about the felt emotion.
On the contrary some of them are more expert and ask me about such an aria or such another.


MissaParis : Precisely, face to the public who is not obviously expert, how do you choose the programmation ?
Véronique François : We try to sing arias known by the public, thanks to the advertisement or the cinema, such as Carmen. But also to mix with less known ones, to make them known.


MissaParis : The concerts in the streets started in the beginning of July. What are your first impressions after a few weeks ?
Véronique François : Very good ! There have been only good feedbacks, and I want more to keep doing that, even after summer. We even imagine an accompaniment by a pianist who would be present, and why not a recital with costums.


MissaParis : Where and when can you come to listen to you ? [Véronique currently sings alone but Livia will join her in the beginning of August. ]
Véronique François : We give at least 3 concerts a week, from Thursday to Sunday. At 8 pm on Thursday and Friday and at 3 pm during the weekend, for one hour when I am alone and nearly one hour and a half when we are two.
In Notre-Dame square, Place des Vosges, the Petit Pont and also the square next to the pyramide du Louvre. It depends on the mood, the envy and the weather !

MissaParis : Among those places, where do you prefer singing ?
Véronique François : Maybe Notre-Dame because that is the most audacious, even it is not the best for the voice, as  that echoes less well. That is also the more intense thanks to the public, there is a big traffic, of foreigners especially, some film me or take photographs ! And I think that thanks to them, I who is a perfect anonymous, I’m going to travel a little, in Japan or elsewhere !
That is a universal sharing, with an ephemeral aspect.


MissaParis: And your favorite place in Paris ?
Véronique François (after a few seconds of thoughts) : hum… there are so many ones ! I would say the Opéra Garnier, which fascinates me. It’s a mystical place, and it would be a consecration, the accomplishment of an all carreer to sing there once…


MissaParis : Finally, a good address to advise us ?
Véronique François :  I like a lot the restaurant l’Encrier, rue Traversière, in the 12th arrondissement.  It’s a warmful and simple place, a mix of simplicity and sophistication; A little like the opera, which is sophisticated in its form but simple basically, because it’s about sharing emotion…

Interview made by MissaParis.
A big thank you to Véronique François for this wonderful meeting. To go and listen all summer
at 8 pm on Thursday and Friday and at 3 pm during the weekend, in front of Notre-Dame, Place des Vosges… (it depends on the weather!)
Véronique will update her dates of concerts in the commentaries of this article.

Photo : MissaParis

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L’incontournable Notre-Dame de Paris / The inescapable Notre-Dame de Paris


Cette Grande Dame de Paris est un lieu incontournable lorsque vous visitez Paris. Le parvis est toujours rempli de touristes, de promeneurs, d’artistes, aussi bien de jour que de nuit…

De l’intérieur comme de l’extérieur, ce lieu hautement mystique est un concentré d’Histoire et d’esprit parisien.

Et les noms des restaurants et cafés alentours (comme l’Esmeralda ou les Deux Tours) ne sont pas sans rappeler le chef d’oeuvre de Victor Hugo.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel de Notre-Dame de Paris : www.notredamedeparis.fr.

Photo : MissaParis

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This Big Lady of Paris is a place which cannot be ignored when you visit Paris. The parvis is always full of tourists, walkers, artists, during day or night time..

From the inside or the outside, this highly mystical place is full of History and of Parisian spirit.

And the names of the restaurants and cafés around remind us the chef d’oeuvre of Victor Hugo.

To know more, go on the official website of Notre-Dame de Paris : www.notredamedeparis.fr.

Photo : MissaParis

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